Nous fêtons aujourd’hui notre premier anniversaire indien, l’occasion de nous auto-interviewer sur le bilan de cette première année.

Quelle est ta fierté après cette première année ?

Delphine

Thelma bien sûr ! Elle est née il y a 6 mois et connait plus l’Inde que la France. Néanmoins pas de droit du sol ici, elle a juste un passeport français. On l’a emmenée en week-end plusieurs fois, elle est toujours souriante et curieuse. Et qu’est-ce qu’elle apprend vite !

Benoit

Sur le plan personnel je suis super fier de la manière dont nous avons géré l’arrivée de Thelma dans notre vie. Delphine a fait preuve de tellement de courage, franchement une grossesse et un accouchement en Inde c’est pas simple, c’est loin de tous les standards (culturels, logistiques, linguistiques et médicaux) que nous avons en France. La préparation à la grossesse et à l’accouchement s’est faite presque exclusivement par des livres. On peut dire que malgré tout, cela s’est globalement très très bien passé. Bravo à ma chérie.

Sur le plan pro, je suis très fier du boulot réalisé pour le recrutement et la mise en place des équipes. Après un an nous avons des équipes qui tiennent la route, avec des compétences reconnues et une belle dynamique collective.


Quel est ton loupé ?

Delphine

De ne toujours pas parler Hindi. J’avoue les cours ont commencé juste avant l’accouchement, mais j’aurai pu commencer dès notre installation!

Benoit

Mon loupé reste à date l’apprentissage de l’Hindi, j’ai loupé le coche et je regrette. Je dois m’y remettre.


Après un an en Inde, qu’est-ce qui te surprend encore ?

Delphine

Déjà, cela me surprend de me plaire ici ! Je savais que je m’y adapterai, mais, oui, mon « chez moi où je me sens bien » est en Inde!

Plus généralement, je reste surprise par la joie de vivre des Indiens, festifs et grégaires. Parfois de façon inconsciente, mais ils aiment célébrer, se retrouver et danser. Y compris pendant l’actuel confinement, nous avons le droit à 1h de musique quotidienne pour toute la résidence, sur l’initiative d’une voisine.

Benoit

Ce qui me surprend toujours c’est que les Indiens sont capables du meilleur comme du pire. Capables de faire et refaire une même action à de nombreuses reprises sans se remettre en question alors que visiblement cela pourrait être fait d’une meilleure manière. Et en même ils sont capables de trouver des solutions, tout le temps, c’est ce que l’on appelle le Jugaad.

Autre chose qui me surprend toujours, c’est qu’en Inde on n’est jamais seul, peu importe où on va, il y a toujours du monde, même dans les endroits les plus reculés (vécu a de nombreuses reprises en vélo ou rando).


Qu’est-ce qui te manque et ne te manque pas en Inde ?

Delphine

Ce qui me manque : certains aliments, les magasins bio, conduire une voiture, pouvoir travailler, mettre moins de 4h pour faire 150km… et bien sûr la famille et les amis.

Ce qui ne me manque pas : les grèves, la culture « jamais content », le cinéma, faire le ménage (bien que depuis le confinement je m’y sois remise).

Benoit

La seule chose qui me manque c’est Liv et Yvon, j’aimerais pouvoir partager toute cette expérience avec eux et leur faire vivre cette aventure. Les 15 jours que nous avons passé ensemble en novembre dernier étaient trop courts.

La météo française ne me manque pas, j’aime le climat de Pune, vivre toute l’année en short et teeshirt c’est parfait pour moi.


Si tu devais partir maintenant, qu’est-ce qui te manquerait et qu’est-ce qui ne te manquerait pas ?

Delphine

Ce qui me manquerait : mon grands chez moi, les fruits, les livraisons à domicile, ma femme de ménage et ma nounou, le chai massala (=thé indien), les copains d’ici, et plus largement, la vie exotique.

Ce qui ne me manquerait pas : les hautes températures de l’été, l’humidité de la mousson, le bruit, la poussière, la pollution, les déchets partout, les problèmes de visa, l’état des routes, le chili, et mon chauffeur.

Benoit

Si je devais partir aujourd’hui, ce qui me manquerait le plus serait les personnes (les indiens sont globalement bienveillant et super accueillants), la bonnes bouffe (tous les fruits exotiques) et le climat.

En revanche je serais prêt à faire une croix dès aujourd’hui sur la pollution.


Comment te projettes tu cette année ?

Delphine

Hors pandémie, j’étais partie pour trouver une activité professionnelle à mi-temps : je me voyais découvrir l’Inde au travers du monde du travail, challenger mon cerveau, acquérir de nouvelles compétences. A mi-temps car c’est important pour moi de passer du temps avec Thelma, de la voir grandir et s’épanouir. Enfin, naturellement, 2020 est aussi l’année pour consolider les amitiés naissantes.

Avec le coronavirus, tout est en suspend. Evidemment pas de recherche d’emploi possible, ni de visa. Nous ne savons même pas si nous serons rapatriés en France à un moment donné. Du coup je m’occupe de Thelma à plein temps, et j’ai commencé une formation en Programmation Neuro Linguistique en e-learning.

Benoit

A date c’est compliqué de se projeter. La situation n’est pas meilleure ici qu’ailleurs et elle devrait s’empirer dans les semaines qui arrivent. A court terme j’espère que la crise du Coronavirus va se tasser, que des solutions vont être trouvées afin que nous puissions reprendre une vie « normale ».

Au-delà de la crise, cette année j’aimerais découvrir plus l’Inde pendant la mousson et profiter du spectacle que cela offre dans les régions montagneuses. Je souhaite aussi partir plus souvent en weekend pour découvrir le pays, toutes nos dernières expériences ont été de véritables bouffées d’oxygène. J’ai soif de continuer ma découverte du pays, je n’en suis qu’aux balbutiements…


Nous en avons terminé avec notre interview croisée ! Rendez-vous l’année prochaine pour le prochain bilan !